Le rapport de l’Icomos était plutôt défavorable au classement. Les experts y regrettaient une urbanisation anarchique à proximité des sites, une emprise forestière trop grande et la présence d’un camp militaire...

Ledit comité, composé d’experts mais également de membres élus dont le vote répond davantage à des motifs d’ordre diplomatique, a souhaité que «le dossier soit complété afin de mieux démontrer l’universalité du bien». Selon l’Association pour la valorisation des Causses et des Cévennes (Avecc), un nouvel examen pourrait intervenir dès l’année prochaine ; les informations complémentaires doivent parvenir à l’Unesco d’ici fin janvier 2007. «Nous restons mobilisés pour les Causses et les Cévennes qui sont à une marche du classement dans le patrimoine mondial, positive Jean Puech, président de l’Avecc. Nous(1) avons appris à travailler ensemble, à échanger, à imaginer des actions de valorisation du patrimoine et de développement en cohérence avec l’histoire de ce territoire. Ce parcours commun constitue une richesse que nous allons con-tinuer à cultiver ensemble.»

Pour les promoteurs de la candidature française déposée en janvier 2005, ce renvoi ne constitue pas tout à fait une surprise. Le rapport que les enquêteurs de l’Icomos(2) ont rendu quelques semaines avant la session de Vilnius est plutôt défavorable au classement et laissait donc présager son ajournement (le classement de Carcassonne l’a été à plusieurs reprises, NDLR). Dans ledit rapport, les experts auraient regretté l’urbanisation quelque peu anarchique à proximité des sites, une emprise forestière trop grande et la présence du camp militaire à La Cavalerie... On voit mal comment, sur ces points, la situation pourrait sensiblement évoluer d’ici le début de l’année prochaine. Force est alors de constater que les voies du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco sont impénétrables...

Ecrit par Hugues Cayrade / 21-07-2006

(1) Le territoire des Causses et des Cévennes s’étend sur 6000 km2, trois régions et cinq départements : l’Aveyron, l’Hérault, le Gard, la Lozère et l’Ardèche. (2) Conseil international des monuments et des sites.